Expositions et textes

AnnéeExpositionLieu
2021Salon Bella z'ArtParis
2019Puls'artLe Mans (72)
2018FIAACPouilly-sur-Loire (58)
2015Espace RimbaudLyon (69)
2014VivartAlbi (81)
2013Starter GalleryParis
2013Biennale 109Paris
2011Red Gate GalleryPékin, Chine
2011ExpositionPoussan
20104ème Biennale Internationale d'Art contemporainPékin, Chine
2010Salon Lyon et Sud-EstLyon (69)
2010Puls'artLe Mans (72)
2009Biennale 109Paris
2008Libr'artLibramont, Belgique
2008Espace des Vins et CampanesMagalas (34)
2007Chapelle Saint-PierreMontbazin (34)
2005ExpositionPoussan (34)
2003Galerie ModusParis
2003Galerie Huis ClosParis
1996Cité Internationale des ArtsParis
1996Galerie AkkaCap d'Agde (34)
1995Galerie BernetParis
1994Galerie Les Champs BleusParis
1993Cité internationale des ArtsParis
1993Maison des FemmesCergy (95)
1993Musée Sant'Anna del Mare Espagne
1989 Hôtel du DépartementBéziers (34)
1989 Château d'Ô - "89 artistes et la liberté"Montpellier (34)
1988 - 1989Salon Figuration CritiqueParis
1988Salon Grands et Jeunes d'Aujourd'huiParis
1988Théâtre des Arts & Maison du PeuplePontoise (95)
1987Galerie Le PassageParis
1983Galerie BernanosParis
1981Centre Culturel Conflans-Sainte-HonorineConflans-Sainte-Honorine (78)
1981Centre Beaubourg - "Hommage à Jean Rousselot"Paris
1980Cité Internationale des ArtsParis
1979Salon de MaiParis
1979 1981Salon Réalités NouvellesParis
1979Musée Charles PéguyOrléans (45)
1979Galerie Saint-PaulParis
1978Galerie des Beaux-ArtsParis
1977Centre CulturelBoulogne (92)
1977Salon Toulon-DraguignanVar (83)
1976Galerie des Beaux-ArtsParis

Textes & témoignages

Odile Bonifacenovembre 2014
Commencer un tableau c’est se mettre dans le silence de toutes choses, dans l’oubli conscient afin que la main se connecte aux souvenirs, à l’imaginaire, à l’improvisation, à l’intuition.

L’acte de peindre est lié pour moi au territoire, à l’espace d’immense liberté qu’il dégage, à la solitude certes, mais au partage, et au partage du vivant, du beau. En fait tout n’est que prétexte, donner un sens ne me semble pas nécessaire, quelque chose pousse à peindre de toute façon.

Si l’abstraction de mes débuts et l’abstraction en général ne m’avait pas paru si sclérosante, on tourne en rond à l’intérieur de soi, je m’en serais tenue là, le sujet en tant que tel ne m’a jamais intéressée.

C’est peu à peu que je me suis tournée vers la nature, comme une évidence, elle est là. Ma démarche n’est pas liée au désir de représenter, de témoigner si ce n’est de la fulgurance d’un instant. J’aime me tenir sur des territoires indéfinis, infinis, entre figuration et abstraction, imaginaire et réalité, le lieu de tous les possibles.

La peinture est pour moi un agencement de couleurs, d’harmonies, de dissonances tout comme le sont le paysage, la végétation, sculptées par l’ombre et la lumière. Cette nature familière mais archaïque, étouffante mais protectrice, parfois angoissante, vibre, se déchire, se troue sous la lumière, se dilate.

Comme un photographe de l’émotion, lors de mes déambulations je traque l’instant si fugitif où l’éclairage est tel que par la soudaine alchimie de la lumière, un simple morceau de paysage devient un univers magique, mystérieux, surnaturel, le sujet s’absente. J’aime pour cela la lumière d’automne et cette saison parce le vivant et le mort se mélangent et rendent la mélancolie plus aigüe.

Du fait d’un cadrage très personnel je donne à voir un bout de monde, un fragment de l’alentour, sachant que la moindre brindille contient un reflet du monde entier.

L’alentour, c’est ici, pas loin, autour de l’atelier, à l’extérieur, je cherche un enchantement mais aussi une relation à ce que je vois, un partage du regard.

Ces impressions je les porte en moi parfois depuis longtemps avant qu’elles ne reviennent à la surface de la toile, et l’acte de peindre devient une improvisation autour de taches de couleurs qui rend visible l’imperceptible.

La densité et la complexité du végétal me pousse à superposer les couches de peinture comme si je superposais plusieurs toiles ou plusieurs œuvres l’une sur l’autre. Chaque couche est un tableau et correspond à un état émotionnel, chaque couche laisse sa trace. C’est de là que vient cette impression de profondeur presque tridimensionnelle que l’on trouve dans mes tableaux. La lumière ou le détail vient d’en dessous, de l’intérieur, au croisement du lyrique et de l’intime.
Laure Le Chapelier Ecrivain2010
Odile Boniface peint sur un fil, comme une équilibriste suspendue au-dessus du vide, le vide d’avant la genèse, la béance du non-peindre.

Elle avance sur ce fil, à la lisière de la réalité et de l’irréalité, dans cet espace infime où vie et mort se juxtaposent, se complètent, se répondent, s’entremêlent, avec une conscience aiguisée du drame ou du dessein de vivre.

C’est au sein de la nature-même que l’artiste puise depuis toujours son inspiration : « parce que, dit-elle, en dehors de certaines œuvres d’art et des visages, c’est pour moi le lieu unique de tous les sentiments, de toutes les émotions, dans un perpétuel renouvèlement, c’est aussi le lieu du beau. »

Son rapport à la nature est tout à fait particulier : c’est une osmose, un échange permanent et nécessaire. L’artiste se sert d’un élément de cette nature comme prétexte à la création et le tableau s’inscrit dans un espace-temps. L’espace est délimité par le cadre du tableau et par l’espace de l’atelier, mais le temps lui, est très vaste. Le temps, c’est l’histoire de l’artiste intrinsèquement liée à celle de l’humanité, le temps des mémoires, mais c’est aussi le temps nécessaire pour le travail, pour faire naître l’œuvre. « Un temps très long », dit-elle, mais c’est le même temps qui engendre la succession des saisons, qui fait que les feuilles tombées des arbres s’entassent pour former l’humus de la terre. Chaque couche de peinture posée est une mémoire pour le tableau, et l’accumulation des couches, dans le temps nécessaire, un humus créateur. Ce travail s’inscrit dans la durée, l’accumulation, et la lenteur.

Il n’y a pas de figuration à proprement parlé, pas d’illusionnisme (ou de représentation), juste une connaissance intrinsèque et du sujet et du métier.
C. Zollner journaliste2005
On garde en mémoire les grandes huiles aux végétations exubérantes, Odile Boniface, évitant les pièges d’une parfaite maîtrise du geste et de la technique, a épuré la forme. On retrouve ainsi de vastes plages de silence où le patient travail de la matière, et l’exaltation de la couleur frisent parfois l’abstraction. C’est un travail sur papier d’une grande richesse picturale, une technique « mixte » qui réunit l’encre, les pastels et l’huile. Une œuvre tout en nuance qui fait un subtil va-et-vient entre réel et imaginaire, estampe chinoise et fresque et se situe avec une conscience très personnelle à la lisière du nommé.
Gérard Xuriguera Critique d’art1993
A la suite d’une période abstraite, lumineuse et tempérée, empreinte de suggestions atmosphériques, consécutive à son passage par l’école des Beaux- arts de Paris, Odile Boniface s’est exilée de la capitale afin de reconsidérer l’évolution picturale de son projet.

L’abstrait ne lui apportant plus les réponses qu’elle en attendait, son nouveau lieu d’implantation, au sein de la nature ouverte, jouant un rôle compensatoire, elle décide de se tourner progressivement vers l’interprétation des évidences. Et ces évidences, elle les perçoit maintenant à la fois dans le visible et dans son imaginaire ; comme des impressions de voyage extraites de forêts exotiques.

Elle affronte ces territoires de l’extérieur et de l’intérieur, car elle nous en révèle la sève cachée, le parfum âcre, la moiteur des frondaisons. La réalité s’allège, le champ s’évase, posant chaque élément à sa juste place, rehaussé par la fluidité lumineuse des zones vierges. Un silence apparent règne dans ces paysages dépouillés qui nous parlent de la vie sauvage avec une pudeur émue ; L’idée n’intervient dans le filtre du réel que pour peaufiner la pertinence du rendu. Un graphisme assuré, épaulé par un dosage précis des moindres valeurs tonales et d’un souple aménagement des formes, traduisent la viabilité picturale du tableau. Au long de sa transhumance, le ouistiti devient prétexte et Odile Boniface donne vie et profondeur à son univers.
Marie Legent Journaliste1993
La peinture d’Odile Boniface depuis 20 ans est une longue maturation, parfois douloureuse, toujours souterraine, dans la solitude et le silence, souvent le doute, un travail d’artisan, autant que d’artiste, exigeant, ne mesurant pas le temps, revenant sans cesse sur l’ouvrage, jamais fini parce que toujours perfectible. De l’abstraction des premières toiles à la figuration, c’est l’histoire d’une genèse. Du silence premier, du point originel, de la ligne, du chaos, du questionnement de la matière colorée, a émergé la forme, le paysage, l’animal, un monde entre l’imaginaire et le réel.

Les singes sont là, immobiles, signes de la présence incontournable de l’homme, intégrés au sein de la nature même. Ils questionnent. Aujourd’hui ils se fondent ou disparaissent dans l’exubérance de la végétation. La symbolique est laissée au regard de l’autre. Lumière intérieure du peintre, richesse des sensations exaltées par la couleur, transparence de la matière, vibration de l’air ou de l’eau, lentement, depuis très longtemps, la vie prend corps. Il y a dans ces dernières toiles un aboutissement.
Claude Sorel (1980) Ecrivain et poète1980
Ses yeux clairs ont pénétré la matière imaginaire afin de lui rendre l’apparence de sa profondeur. L’élégance de son geste a plié les formes à sa réalité et sans cesse inspiré le mouvement d’un nouveau jour.

Tout s’est passé du crépuscule à l’aube.

Sa vision a laissé sur la trame un paysage fantastique et nu d’après le déluge, l’éruption, l’explosion, le chaos.

Sa palette est une alchimie et sa toile vibre d’ondes et d’ombres hautement nuancées.

Genèse ou terre inconnue ? Avant ou après, toujours le temps de la paix entre. On voit des rocs qui n’en sont plus, des fleuves du désert, des plaines perdues, des monts informels, des plages à marée basse prises au filet de l’horizon. Infinie douceur d’une méditation planétaire, lenteur perpétuelle.

Poète, elle bouscule son instinct d’une conscience tragique.

Elle a la jeunesse de la pureté et l’expérience des années de métier. Elle a la puissance d’un amour parabolique qu’elle traduit en jouant des couleurs avec effusion, en diffusion, en perfusion, à profusion, dans un assemblage cellulaire et organique unitaire qui refait patiemment l’espace où passent l’œil, la main et le seul poids de l’âme.
Jacqueline Raynaud Critique d’art1979
Salle Péguy les toiles d’Odile boniface nous mettent de plain-pied avec un monde qui n’est pas notre univers fini et construit. Peinture abstraite, certes, mais d’un abstrait qui est espace, au mouvement vaste, où surgissent des formes en fusion cherchant un équilibre dans le crépitement de l’énergie vive et originelle.

Les couleurs elles-mêmes évoquent ce commencement. Par les couleurs froides, antarctiques, venant du gris du néant, et la dominante du mauve dans toutes ses variations, n’est-ce pas une transition qui s’énonce, du vide à la mise au monde, à la vie, au rouge flamme. La couleur semble s’élaborer, naître comme sur la palette du peintre.

Odile Boniface saisit le commencement dans son immensité, mais aussi dans sa finesse microscopique ; cette deuxième impression est en particulier suggérée par les pastels où les traits et ponts semblent agités d’une vie toute microbienne. Ici le peintre multiplie les visions de stratifications, de fissures pareilles aux replis d’un tissu organique : « lignes à l’endroit et à l’envers ».

« La toile se fait au fur et à mesure, dit-elle, pas de projet préconçu, donc pas de fond », et sa peinture développe un espace cosmologique mu par des forces puissantes et amples ; forces vives qui se contrarient, jaillissement et retombée, coulée et explosion, peignant le mouvement en une pluie de taches colorées, cherchant à se regrouper en formes plus denses appelant dans leur quête d’équilibre, de construction, la légère ligne qui semble finir, soutenir le tout.

Dans le tableau noir, ce calme cercle oculaire porte, dans la lenteur de sa formation, le mystère de ce monde, dont le dynamisme trouve peut-être sa source dans la nécessité impérieuse qui pousse Odile Boniface à peindre ce qui est son monde intérieur
Pierre Rambaud Galerie St Paul1979
On a pu voir exposées une vingtaine de toile récentes d’Odile boniface dont la jeunesse n’exclut pas, de façon étonnante, la maturité et la maîtrise technique.

La matière est son sujet. Il ne s’agit pas de colorer une forme, mais de travailler (dans) la matière jusqu’à ce que la forme ait lieu, d’elle-même. Ce sont de grandes toiles à l’huile où se déploie un chaos granuleux, minéral ou aquatique, où se révèle un paysage de limbes, d’au-delà ; ou bien de petites surfaces à l’encre, pastels à l’huile, gouaches : noueuses, rugueuses comme des écorces, empreintes telles des gravures. La coupure, la déchirure, la fente, l’échancrure parcourent comme un thème ces toiles : lèvres entrevues, vulve esquissée, blessure à peine ouverte, bourrelet effervescent qu’une ligne fait éclater. La tension jusqu’à la vibration se concrétise dans des diptyques ou des triptyques. Enfin, des poèmes ajoutent à l’aspect dramatique de cette jeune œuvre lorsque des calligrammes pénètrent la couleur de leur dessin, qu’un palimpseste donne le mot à la matière, prêtant le son à cet univers où l’inconscient féminin s’inscrit.

Prix:

1981 :
- Bourse d’encouragement à la Création Artistique, Ministère des Affaires Culturelles
- Prix de la Fondation de France